Prévention et réponse aux violences basées sur le genre dans les provinces de l’Ituri et de la Tshopo

Protéger, prévenir et accompagner les communautés vulnérables

Dans le cadre du Programme de Préparation, de Réponse et de Résilience aux Urgences Sanitaires (HEPRR MPA), le consortium CENEAS, APDEF et PADC met en œuvre un projet visant à renforcer la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre (VBG), aux exploitations et abus sexuels (EAS) et au harcèlement sexuel (HS) dans les provinces de l’Ituri et de la Tshopo, en République démocratique du Congo.

D’une durée de 24 mois, le projet accompagne les activités liées à la construction et à la réhabilitation des infrastructures de santé publique, notamment les laboratoires, tout en veillant à réduire les risques de VBG, d’EAS et de HS auxquels peuvent être exposées les communautés et les personnes intervenant dans ces activités.

Pourquoi ce projet ?

Les conflits armés et intercommunautaires, les déplacements de populations, la pauvreté et la faiblesse de l’accès aux services sociaux de base ont accru les vulnérabilités des femmes, des filles et d’autres personnes à risque dans plusieurs zones de l’Est de la RDC.

Dans ce contexte, les grands travaux d’infrastructures peuvent également accroître certains risques d’exploitation et d’abus sexuels, notamment en raison de la présence importante de travailleurs dans des communautés déjà vulnérables. Le projet entend donc associer au développement des infrastructures sanitaires un dispositif solide de prévention, d’alerte, de référencement, de prise en charge et de protection des survivant(e)s.

Notre objectif

L’objectif général est de contribuer au renforcement d’un système intégré et multisectoriel de prévention, d’alerte, de réponse, de prise en charge et de suivi des cas d’EAS/HS liés aux activités du programme HEPRR MPA.

Le projet repose sur une approche centrée sur les survivant(e)s, la mobilisation communautaire, la confidentialité, la redevabilité et la collaboration entre les acteurs sanitaires, communautaires, administratifs et judiciaires.

Trois axes majeurs d’intervention

1. Informer et mobiliser les communautés

Le projet renforcera les connaissances des personnels de santé, autorités, leaders communautaires, prestataires de services et utilisateurs des services de santé sur les VBG, les EAS et le harcèlement sexuel.

Les actions comprendront notamment :

  • des séances de sensibilisation communautaire et de proximité ;

  • des visites à domicile ;

  • des campagnes de sensibilisation de masse ;

  • des émissions et spots dans les radios communautaires ;

  • l’utilisation des réseaux sociaux, d’Internet et des SMS ;

  • la production et la diffusion d’outils de communication ;

  • l’implication des leaders communautaires, religieux, féminins et des organisations de la société civile.

Au total, le projet prévoit notamment 24 séances de sensibilisation de masse, destinées à toucher plus de 102 000 personnes, ainsi que 46 848 visites à domicile auprès de 17 057 ménages. Sept radios locales seront également mobilisées pour diffuser les messages de prévention.

2. Renforcer les capacités des acteurs

Le projet accompagnera les entreprises, sous-traitants, structures étatiques et acteurs communautaires afin qu’ils soient mieux préparés à prévenir et à répondre aux VBG, EAS et HS.

Les capacités des membres de 15 entreprises et sous-traitants seront renforcées, avec notamment des formations, du coaching, du mentorat, de l’apprentissage entre pairs et des cadres d’échange de compétences.

Une attention particulière sera accordée à la mise en place et au fonctionnement des mécanismes de gestion des plaintes, permettant aux personnes concernées de signaler les abus de manière confidentielle et sécurisée.

3. Assurer une prise en charge holistique des survivant(e)s

Le projet prévoit une prise en charge médicale, psychosociale, juridique et socioéconomique des survivant(e)s de VBG/EAS/HS.

L’objectif est d’assurer la prise en charge de 400 survivant(e)s identifiés au cours de la période du projet. La réponse médicale sera particulièrement orientée vers une prise en charge rapide, notamment dans les 72 heures suivant les violences sexuelles.

Cette réponse comprend notamment :

  • la disponibilité de 320 kits PEP d’urgence ;

  • la formation de 36 prestataires médicaux ;

  • la formation de 24 prestataires en gestion de cas et soutien psychosocial ;

  • la construction et l’équipement de 8 espaces sûrs ;

  • l’appui psychosocial aux survivant(e)s ;

  • l’accompagnement juridique et judiciaire des personnes qui souhaitent engager des procédures ;

  • la mise en place de 64 activités génératrices de revenus (AGR) au profit des survivant(e)s les plus vulnérables.

Un système de signalement et de protection renforcé

Pour faciliter le signalement des cas, des boîtes à plaintes seront installées dans les entreprises et dans les communautés bénéficiaires. Des comités de gestion des plaintes seront également mis en place ou redynamisés.

Le projet prévoit la vulgarisation du numéro vert 495555 et du circuit de référencement afin que les survivant(e)s puissent accéder rapidement aux services appropriés.

La confidentialité et la protection des données constituent également une priorité. Des mesures de cybersécurité, notamment le pare-feu, l’antivirus, le cryptage et l’authentification, seront utilisées pour protéger les informations sensibles relatives aux survivant(e)s.

Une approche coordonnée entre trois organisations

La mise en œuvre repose sur la complémentarité des expertises du consortium :

  • CENEAS assure notamment la sensibilisation, la mobilisation communautaire, le système d’alerte et l’accompagnement psychosocial ;

  • PADC intervient notamment dans la prise en charge médicale ;

  • APDEF assure l’accompagnement juridique et judiciaire des survivant(e)s qui souhaitent faire valoir leurs droits.

Cette organisation permet d’établir un circuit intégré de référencement, depuis l’identification et l’alerte jusqu’à la prise en charge médicale, psychosociale, juridique et à la réinsertion socioéconomique.

Les principaux résultats attendus

À l’horizon du 2 juillet 2028, le projet ambitionne notamment de :

  • renforcer l’information et la mobilisation des acteurs et des communautés sur les VBG/EAS/HS ;

  • renforcer les capacités des acteurs de 15 entreprises et sous-traitants ;

  • assurer une prise en charge holistique à 400 survivant(e)s de VBG/EAS/HS ;

  • améliorer l’accès aux soins et à l’accompagnement psychosocial et juridique ;

  • mettre en place 8 espaces sûrs ;

  • soutenir 64 survivant(e)s à travers des activités génératrices de revenus ;

  • renforcer les mécanismes communautaires et institutionnels de prévention, d’alerte et de gestion des plaintes.

Notre engagement

À travers ce projet, CENEAS, APDEF et PADC réaffirment leur engagement à contribuer à des communautés plus sûres, mieux informées et mieux protégées, où les survivant(e)s de violences peuvent accéder à des services de qualité dans le respect de leur dignité, de leurs droits, de leur confidentialité et de leurs choix.

Le projet entend ainsi faire de la prévention des VBG/EAS/HS et de la protection des personnes une composante essentielle des interventions sanitaires et du développement des infrastructures de santé dans les provinces de l’Ituri et de la Tshopo.